Pierre Désiré Guillemet 1827-1878

Pierre-Désiré Guillemet naquit à Lyon le 29 mars 1827.
On sait peu de choses sur ses premières années hormis qu'il fut élève de l'Ecole des Beaux-Arts de Lyon de 1844 à 1847 et qu'il suivit les cours du peintre Hippolyte Flandrin(Lyon 1809-Rome 1864).
De 1857 à 1863, il expose régulièrement au Salon de Paris des portraits et des sujets d'histoire comme "L'Impératrice Eugénie" aujourd'hui au Musée d'Orsay ou "La victoire de Magenta annoncée au conseil de régence" conservé au Château de Compiègne.
En 1860, il exécute avec Eugène Ronjat (1822-?) une copie du "Radeau de la Méduse" de Théodore Géricault, actuellement au Musée de Picardie à Amiens.
Il réalise également de nombreuses répliques des portraits de Napoléon III et de l'Impératrice Eugénie.
A l'époque la peinture française est célèbre à l'étranger. Sa réputation de peintre d'apparat franchit les frontières et en mars 1865 le Sultan Abdül Aziz (1830-1876) le fait appeler à Constantinople (Istanbul) afin de réaliser son portrait.
Enthousiasmé par le résultat, Abdül Aziz lui propose de l'engager comme peintre du Palais. Sans hésiter Pierre Désiré Guillemet accepte, fait venir sa femme, et la même année, en 1865, le couple s'installe à Constantinople. Il a alors 38 ans et son avenir sera désormais auprès du Sultan comme peintre officiel de la cour de l'Empire Ottoman.
Quelques années plus tard, avec sa femme il organise en 1873, la première exposition d'un peintre turc en la personne de Cheker Ahmed Pacha.
Et l'année suivante il ouvre une Académie de peinture et de dessin rue Kalyonçu Kullu à Péra (aujourd'hui Beyoglu), le quartier franc, sur la rive nord de la Corne d'Or. Il s'agit là de la première école privée fondée dans la capitale ottomane et consacrée à l'art pictural. Pierre Désiré et sa femme y enseignent la peinture, l'aquarelle et le pastel à la "manière occidentale" très en vogue à l'époque.
Cette académie est bientôt reconnue par de nombreux artistes et bénéficie du soutien du Sultan Abdül Aziz qui, fait exceptionnel, autorise Pierre Désiré Guillemet à peindre les femmes de son harem.
En juin 1876 les élèves exposent pour la première fois leur travail.
Abdül Aziz meurt en 1876 et c'est Pierre Désiré Guillemet qui inaugure alors, en novembre 1877 l'Ecole Impériale d'Art (Mektebi y Sanayi-i Chahane) dont il devient le directeur. On possède malheureusement peu d'informations sur cette école car peintures et documents furent détruits lors d'un incendie.
Mais le destin ne laissera pas longtemps Pierre Désiré Guillemet profiter de son poste de directeur. Au cours de la guerre russo-turque de 1877-1878, en voulant aider les blessés et les réfugiés qui affluent à Contantinople, il contracte la typhoïde. Epuisé, il s'éteint à 51 ans dans cette capitale qui l'avait adopté treize ans auparavant. Il repose dans le cimetière catholique de Feriköy à Istanbul.
Son bref passage aura laissé des traces.
Quelques années plus tard son exemple est repris par Osman Hamid Bey (1842-1910) le fils du Grand Vizir Edhem Pacha.
Osman Hamid Bey avait suivit à Paris les cours de Jean-Léon Gérome (1824 -1904) à l'Ecole des Beaux Arts et de Gustave Boulanger (1824 -1888) à l'Académie Julian et il ouvrira l'Ecole des Beaux Arts de Constantinople (Sanayi-i Nefise Mektebi) en 1883.
Pierre Désiré Guillemet restera avec Osman Hamid Bey l'un des fondateurs des premières écoles d'art en Turquie.
Ses rares toiles réalisées à Constantinople laisseront pour la première fois le témoignage authentique d'un orient vécu, sans fard, bien loin des représentations exotiques et pittoresques des peintres pompiers de l'époque.
Quelques unes de ses œuvres sont encore conservées au Pera Museum d'Istanbul.

Frédéric Fringhian

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *