Les arts du métal
Exception faite des armes et des objets de parure, transmis de père en fils, ce sont les objets religieux qui ont été le mieux sauvegardés, tant par le clergé que par les familles. Cependant s’il subsiste fort peu de vestiges de la Grande Arménie ou de Cilicie, une multitude d’objets apparaît à partir du XVIIIe siècle, lorsque la diaspora se trouve bien établie, à Constantinople, en Perse ou en Inde.
L’art du métal n’est alors plus seulement réservé aux objets de culte (calices, brûle-encens, patènes, ciboires, croix), aux ouvrages religieux (reliure de Bibles ou d’Évangiles) ou à la parure sacerdotale (cols de chasubles, mitres), non plus seulement à l’armement ou aux bijoux, mais aux objets domestiques (vaisselle, récipients de toutes sortes, plateaux, bougeoirs, supports de tasse à café, tabatières), de toilettes (coffrets de mariage, miroirs) ou de parure (ceintures et bijoux).
Comme pour la plupart des arts mineurs, l’origine de certains objets a souvent été attribuée au lieu de création propre et non pas à la diaspora arménienne qui l’a créé.
Cependant quelques évidences nous permettent une attribution certaine :
– Un firman de 1806 relatif à la corporation des orfèvres de Constantinople, mentionne les noms de dix-huit maîtres dont dix-sept sont arméniens.
– La famille des Duz fournit aux XVIIIe et XIXe siècles plusieurs générations d'orfèvres en chef à la cour des sultans ottomans.
– La parenté stylistique existant entre les objets chrétiens d’origine arménienne et les objets profanes.
– Les inscriptions en caractères arméniens qui figurent sur nombre de pièces de cuivre ou d’argent, que ce soit la signature de l’artisan, le nom de son commanditaire, ou les inscriptions dédicatoires.