La Nouvelle Djoulfa
Son histoire commence avec le déplacement ordonné en 1603 par le roi de Perse Shah Abbas, des habitants de la ville de Djoulfa, située en territoire ottoman. Cette émigration forcée de près de 300 000 Arméniens de l'Empire Ottoman, à 1000km de là, vers la Perse et Ispahan, sa capitale, donna un nouvel essor économique à l'Empire safavide. Bien que chrétiens, les Arméniens jouissent de la liberté de culte et d'un certain crédit auprès du Shah. Cette situation leur permet de maintenir leur identité en conservant leur art et leur culture. Principalement artisans et marchands, ils fondèrent des colonies aux Indes et jusqu'en Chine. Aujourd'hui encore, plusieurs églises arméniennes dont la cathédrale Saint Sauveur, constituent un foyer de rassemblement pour les Arméniens d'Iran.
Du 10 au 16 décembre 2005, le cimetière historique de l’ancienne "Djoulfa" du XVIIe siècle fut rayé de la carte. Situés sur le territoire contrôlé par l'Azerbaïdjan, les milliers de khatchkars dressés (pierres tombales) furent abattus, méthodiquement brisés et déversés dans le fleuve Araxe tout proche. Ainsi périt ce site archéologique classé par l’Unesco, victime du conflit armé entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan. Nulle trace ne subsiste. Le cimetière est devenu zone militaire.
Frédéric Fringhian